Le Wamakoulisme patriotique, QU’EST-CE QUE LE PATRIOTISME ?

CLAUDE WILFRIED

Le Wamakoulisme patriotique  QU’EST-CE QUE LE PATRIOTISME ?  CLAUDE WILFRIED
Le Wamakoulisme patriotique QU’EST-CE QUE LE PATRIOTISME ? CLAUDE WILFRIED

Dans une république pervertie par l’argent huilé, la politique du gros intestin et le vin blanc salé, tous les moyens sont bons pour créer un pays de contrevaleurs où l’hérésie et le cynisme sont célébrés, comme à Sodome et Gomorrhe. Du tribalisme d’État à la répression policière, de l’usage du faux à l’infantilisation des masses, une petite oligarchie au sommet ne recule devant rien pour sécuriser son diamètre ventral.

Leur dernière trouvaille fut de rafistoler à leur manière le concept de patriotisme.

Ainsi, on est vite passé de la protection du berceau de nos pères à la louange d’un individu et de sa suite. Si bien qui est désormais « antipatriote », quiconque pense par lui-même et ne se prête pas à cet amour faux et forcé. Puisque de Gaulle disait : « L’État c’est moi », l’hostilité à son meilleur élève indirect est devenue de facto une hostilité contre la patrie.

Et cette huile de vidange est servie quotidiennement à des masses entières, dans un endoctrinement génial. Le problème, c’est que c’est faux comme les 7 Ovnis de Transparency.

« JE PARLE-G, DONT JE SUIS » ?

Incapables de répondre de l’inexistence d’un cadre économique propice aux investissements nationaux internes et externes, ceux qui se saoulent à 1,5 milliard de CFA la facture procède par un joli transfert de culpabilité : le patriote est celui qui dira « Bravo ! » à l’arnaque, car ayant eu son demi-verre (ou pas), et il sera utilisé comme une arme sans âme (zombie) contre celui-là même qui voudra l’extirper de l’hypnose.

Un Ivoirien dirait : « Ça c’est pas patriotisme, ça c’est mayonnaise »

Le patriotisme, le vrai, c’est le rêve d’une république débarrassée des épisodes honteux comme ceux d’Ebolowa, de Sangmelima, de Wollorde et de Muyuka. On ne saurait être patriote et trouver le sommeil quand on fait l’école sous l’arbre en plein Yaoundé, pendant que d’autres font des « dîners libres » à quelques kilomètres de là. On ne saurait dire : « Va debout ! » à un pays où on se fait tirer une balle depuis l’arrière, pour avoir simplement marché sans danger. Indigeste !

Mais on vous a bel et bien appris à dire : « Il marchait d’abord pourquoi ? ». C’est en effet une forme de vampirisme.

Le patriotisme, c’est s’indigner quand une femme se retrouve propulsée dans une rigole urbaine par les forces de police, au-delà des mièvreries partisanes.
Mais on vous a appris à dire « C’est bien fait pour elle ! ». C’est encore de la zombimorphose.

On n’est pas patriote parce qu’on cautionne tout ce que fait un régime ayant perdu ses arcanes moraux. Si un homme cherche à violer ta fille sous tes yeux, tu crieras instantanément « Au violeur ! » et tu le chasseras à coups de pilon ; alors, ne ricane pas bêtement quand le même viole la fille d’un autre sous tes yeux. Même si tu as reçu la promesse d’un conteneur de biscuits.
Si tu le fais, c’est du moutonnisme.

SOS COHÉRENCE :

Si l’on demande des comptes au citoyen lambda qui n’a reçu aucun mandat officiel pour créer l’infrastructure nationale (« Tu as fait quoi on a vu ? »), comment peut-on s’offusquer quand les mêmes comptes sont demandés à celui qui affirme lui-même avoir été élu dans cette optique ? C’est une autre logique moutonnière. Et qui se sent morveux…

Si tu es de la diaspora et que quelqu’un te dit : « Vous salissez l’image du pays ; je n’ai jamais vu un citoyen français, allemand ou américain venir se plaindre de son pays à Yaoundé », alors réponds-lui : « Je n’ai jamais vu Emmanuel Macron, Angela Merkel ou Donald Trump venir séjourner à Yaoundé pendant 4 mois à 25 millions de CFA la nuit aux frais du contribuable, pendant qu’une Koumatekel enceinte mourait à Paris, à Berlin où à New York sur le parvis d’un hôpital, faute de soins ».

C’est un simple parallélisme des formes : si les Africains de la diaspora se comportent comme des coqs, c’est parce que leurs présidents se comportent comme des ânes. Une maxime nous dit : « À bon chat, bon rat ». Aimer son pays, ce n’est pas aimer des gouvernants anti-patriotes et absents. Aimer son pays, c’est être l’ennemi du mépris de la dignité humaine.

C’est cela le patriotisme : la détestation de la tromperie, le refus catégorique de la privatisation des fonds publics pour les loisirs d’un seul homme ou d’un clan d’oligarques, absents là où il faut être présent, et systématiquement présents là où il ne faut pas. Le patriotisme, c’est veiller de son propre œil au succès des réalisations qui feraient rayonner le pays, et non de déléguer à des acteurs de l’incompétence, par pure paresse politique.

Et le patriotisme, c’est se dresser contre tout cela, en se moquant des risques.

STOCKHOLM

Quand le cancer atteint la phase où l’on défend, et où l’on se prend d’amour pour son bourreau, alors on renonce soi-même à son humanité. On accepte de vivre comme des bêtes pendant que le bourreau lui, s’engraisse (et sous nos yeux !). Et quand la victime d’un système oriente stupidement sa frustration vers une autre victime qu’elle croit être la cause de ses souffrances, le cancer atteint sa phase terminale : le point de non-retour vers l’animalité.

De manière volontaire, on accepte le statut de bétail électoral dont a besoin le bourreau tous les 5 ou 7 ans, et qu’il va aussitôt oublier dans l’intervalle, et ainsi de suite dans un cycle presque quadragénaire. C’est la troupe de ceux qui suivent par convention (habitude) plutôt que par conviction (certitude), en raison d’un programme vide, creux, sinon inexistant. Le voilà, le paradigme du mouton de Panurge. Il n’existe pas de description plus parfaite.

Si 3000 milliards de CFA s’évaporent sans explications dans un pays dont le budget de l’État (7,3 milliards d’euros en 2019) est près de deux fois inférieur à la fortune personnelle de Vincent Bolloré, le patriotisme consiste à s’insurger contre les coupables et à les voir tels qu’ils sont : un gang de Malfrats. L’inversion des valeurs (marche par la tête) est le furoncle qui a conduit ce pays droit dans la crevasse.

À son indépendance en 1980, la Rhodésie du Sud prit le nom « Zimbabwe » (« la forteresse » en langue shona), pour démontrer son envie de renaissance et de réappropriation identitaire à tout prix. Si au Pays des crevettes un ministre de la culture s’en va inaugurer un salon de coiffure pendant que des docteurs PHD dorment à même le sol pour réclamer un enrôlement, il devient évident que ces élites qui parlent de patriotisme devraient arrêter la sorcellerie et se faire

alors en somme, celui qui pense que soutenir les tares et les écarts de roublards en costard c’est être patriote, est un homme déséquilibré. Le patriotisme, c’est l’exact contraire. Applaudir une horde de cleptomanes (brigands) en cravate par peur de la répression ou de la perte de ses avantages ne sera jamais une vertu. C’est du Wamakoulisme patriotique.

Politique sans conscience n’est que bruits de ventre.

EKANGA EKANGA CLAUDE WILFRIED
( Vous reconnaîtrez les feuilles mortes à leur bruit face au vent)

Source: https://www.facebook.com

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