CE QUE LES ÉMEUTES BULU DE SANGMELIMA NOUS ONT DONNÉ DE BON

Concierge de la République

CE QUE LES ÉMEUTES BULU DE SANGMELIMA NOUS ONT DONNÉ DE BON Concierge de la République
CE QUE LES ÉMEUTES BULU DE SANGMELIMA NOUS ONT DONNÉ DE BON Concierge de la République

Tout conflit a plusieurs phases, la première étant toujours intellectuelle. Cet aspect intellectuel est souvent escamote, parce que les gens – et surtout un peuple comme le nôtre qui vit dans la tyrannie la plus profonde d’Afrique – a des rêves fous: rêves de millions de gens qui se déploient dans les rues, rêves visibles dans cette vidéo de Haiti qui est traficotée pour les besoins camerounais, afin de servir la cause guinéenne. Rêves d’impuissance, quoi. Comme nous savons l’impuissant à une imagination fertile, et donc occupe celle-ci de manière effrénée lors de la première phase du conflit avec des rêves de victoires fantasmagoriques. Frantz Fanon parle de rêves musculaires, dans Les Damnes de la terre, mais cela ne s’applique pas à nous, car chez nous la tyrannie était et est plus profonde: l’opprime camerounais ne connait même pas son ennemi. J’ai passé de nombreuses années ici à me faire insulter parce que j’ai traite Chantal Biya de wolowos, alors que ceux qui le disent utilisent la langue de gens, les Français, qui ont guillotine leur reine à eux. Avec un peuple qui ne sait même pas son ennemi, le rêve ne peut pas encore être musculaire. Il faut, et c’est cela la tache de l’intellectuel, il faut lui monter son ennemi avec clarté, et il faut que ce peuple opprime l’accepte. Tâche ardue, et pourtant on ne peut pas gagner un conflit, que ce soit une guerre ou un match de football, sans adversaire. Dans cette phase intellectuelle du conflit donc, il faut faire face aux multiples tactiques de l’ennemi, tactiques qui ne sont pas seulement la communication, mais aussi la propagande par le miroir, comme nous avons vu, et ici le Cameroun a une bien vieille histoire.

Les Nazis étaient un parti politique qui n’incluait que les adultes, bien sûr. Les Boers étaient une nationaliste qui cependant incluait les enfants aussi. Les Hutu étaient une tribu, qui incluait les enfants elle aussi. Faire des Nazi l’ennemi dans cette bataille pour notre libération est bien facile – près de cent ans d’histoire ont déjà assis cette évidence que le racisme est mauvais. Pour les Boers, c’est plus complexe, parce que le Cameroun – les Bulu – avait collabore avec l’Afrique du sud de l’apartheid, et des gens comme James Onobiono sont bien redevable de cet argent sanglant pour leur richesse bâtie sur la cancéreuse cigarette. Quant aux Hutu, il a fallu le génocide de 1994, le troisième de l’histoire du Rwanda, pour les discréditer – et pas seulement le génocide. Il faut voir les images de Paul Kagame comme chef rebelle avant 1994, et les comparer avec son image de président-business man d’aujourd’hui, pour se rendre compte que, le ‘leader tutsi’ qu’il était jadis d’une ‘armée tutsi’, comme les Français appelaient le FPR jadis, il a fallu que la phase intellectuelle du conflit continue longtemps après la fin de la guerre qui l’avait emmène au pouvoir. Regardez donc les tactiques intellectuelles des Bulu et leur déploiement – du cheval de Troie qu’est Mathias Eric Owona Nguini, déloge et écrase déjà en 2015 devant l’ébahissement de notre peuple, a la propagande insidieuse, la propagande par le miroir je veux dire, sur le ‘génocide bulu’, déployée par un ex-condamne de prison bulu, David Eboutou, a des gestes perfides mais tout aussi assassins, comme la fausse-vraie démission de Eloundou. Là ou chez Fanon, le peuple opprime avait des rêves musculaires parce que son ennemi était su, pour notre peuple dont l’ennemi se cache, la bataille intellectuelle aura été tactique. Un véritable jeu d’échec!

Nommer les Bulu comme l’ennemi du peuple camerounais aura été difficile, très difficile, parce qu’eux, montraient plutôt les Anglophones, les Ambazoniens, comme cet ennemi-là – depuis le 30 novembre 2017, avec la déclaration de guerre de Biya. Et c’est ici que les évènements de ces derniers jours ont été de très grande importance, après la déclaration de Biya sur ‘l’accusation ridicule de génocide’ – car voilà soudain la meute bulu qui se signale pour faire exactement ce que l’élite bulu avait toujours voulu cacher, c’est-à-dire que la voilà qui sort de sa jungle pour en des jactances sauvages, machettes à la main, jouer le personnage de l’ennemi que le Bulu est pour le peuple camerounais. Et l’Histoire est la – elle est sortie sur la place publique, 1956, 1984, 1992, 2004, et puis 2019. Aucun peuple n’a autant fait couleur le sang du peuple camerounais que le peuple bulu, lui dont les leaders deux (2!) fois ont déclaré la guerre a notre peuple – Andre-Marie Mbida en 1957, et évidemment Paul Biya en 2017. Extraordinaire que ce palmarès génocidaire qui, sorti de l’écume forestière, a plongé notre peuple dans la plus extraordinaire marée sanglante, décapitant des gens par-ci et par la! Il fallait que les Bulu aient le soutien total, vraiment total de la France parce que peuple le plus soumis et livre a la France, pour ne pas déjà sombrer dans le discrédit politique qui est réserve aux Hutu, aux Boers et aux Nazis. Que Macron serre la main a un dignitaire bulu est de ce fait la sanction d’une histoire génocidaire très profonde que la victime camerounaise connait – et a Sangmelima il y’a une semaine, cette victime était Bamileke, elle était Nordiste, elle était Bamum, comme dans le Noso elle est Anglophone. C’est dire que les Bulu ont réussi cette semaine à se retourner contre les trois autres groupes politiques les plus importants de notre pays – les Anglophones, les Bamileke, les Nordistes. Et même a réunir Bamileke et Bamum, frères que leur élite veut séparer. Ce que les émeutes de Sangmelima nous ont donné, c’est donc une coalition, une nouvelle coalition du peuple camerounais en conflit, pour sa libération. Le premier chapitre, celui de l’incertitude intellectuelle sur qui est son ennemi est donc clôt, le second peut être ouvert dorénavant.

Les Bulu seront vaincus militairement.

Concierge de la République

Source: https://www.facebook.com

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