DÉCLARATION SUR LES ÉLECTIONS RÉGIONALES DU 6 DÉCEMBRE 2020

DÉCLARATION SUR LES ÉLECTIONS RÉGIONALES DU 6 DÉCEMBRE 2020

DÉCLARATION SUR LES ÉLECTIONS RÉGIONALES DU 6 DÉCEMBRE 2020
DÉCLARATION SUR LES ÉLECTIONS RÉGIONALES DU 6 DÉCEMBRE 2020

Le Mouvement de la Renaissance du Cameroun (CRM) a, en temps voulu, informé à plusieurs reprises l’opinion publique nationale et internationale qu’il ne participera pas aux élections législatives et municipales cette année, en l’absence d’une réforme consensuelle du système électoral et de la résolution politique de la crise anglophone, commençant par la fin de la guerre fratricide qui ravage les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest du pays.

En accord avec son dédain génétique, le régime de Yaoundé n’a même pas jugé nécessaire d’accorder la moindre attention à ces exigences de bon sens et a convoqué l’électorat pour le 9 février 2020. En tirant les conséquences nécessaires, le CRM lance un appel pour un boycott des doubles élections législatives et municipales du 9 février 2020, soutenu massivement par le peuple camerounais. Le taux d’abstention historiquement bas et sans précédent a rendu toutes ces élections et donc leurs résultats illégitimes. L ‘ histoire retiendra notamment qu’en dépit d’une guerre civile désastreuse et regrettable à tous points de vue, entraînant, entre autres, de nombreux décès et des déplacements massifs de populations en dehors du nord-ouest anglophone et du sud-ouest, le CPDM régime n’hésitait pas à fabriquer les élus et majorités là-bas, sur le sang des camerounais.

Loin d’apprendre les leçons de cette désapprobation, le régime a organisé, le 6 décembre, les soi-disant ′′ élections régionales « . Cette autre tentative de le forcer, censée compléter la décentralisation qui, bien que consacrée par la constitution camerounaise Depuis 24 ans, n’a jamais vraiment commencé, révèle encore le caractère autocratique du régime de Mr Biya tout en renforçant son caractère monolithique hérité de la période de parti unique.

La conduite de ces ′′ élections ′′ régionales a également montré que, malgré ses incantations, le régime reste incapable ou peu concerné par la sécurité des citoyens camerounais. Le 6 décembre 2020 a été témoin du meurtre d’un conseiller municipal à Widikum, quelques semaines après les meurtres du complexe scolaire de l’académie bilingue de Mère Francisca International à Kumba et d’autres abus qui ont suivi.

En l’état actuel des choses, il y a peu à attendre des conseils régionaux résultant du scrutin du 6 décembre. Tout d’abord, au vu de la recrudescence des activités armées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis le fameux grand dialogue national qui a annoncé un statut spécial pour ces deux régions, tout porte à croire que ces élections régionales ne peuvent pas et ne vont pas résoudre la crise anglophone. Ensuite, en plus de servir de robe pseudo-démocratique au profit des quelques amis étrangers du régime actuel, les conseils régionaux resteront soumis au système qui les a créés et incapables de répondre aux attentes des populations camerounaises de quelque région que ce soit ils sont censés représenter et servir. En fait, le gouvernement central doit convenir, dans la pratique, de transférer aux régions les ressources nécessaires à la réalisation de leurs programmes de développement. Parce que pour contrôler les régions, le gouvernement voudra contrôler les ressources qui, en plus, se font rares et que les gestionnaires centraux ne voudront pas perdre, comme l’a montré l’expérience de la décentralisation municipale.

Bref, la farce du 6 décembre 2020 ne changera nullement le quotidien du peuple camerounais dont les aspirations profondes ne se réalisent clairement pas sous le régime dictatorial actuel. Le peuple camerounais aspire :

– à la paix sur l’ensemble du territoire national, avec en priorité la résolution de la crise anglophone, notamment par la mise en place immédiate d’un cessez-le-feu et l’ouverture d’un véritable dialogue politique national inclusif ;

– d’acquérir des dirigeants politiques légitimes ; cela nécessite une réforme consensuelle du système électoral, qui, en l’état actuel, garantit une fraude massive et la perpétuation au pouvoir des dirigeants illégitimes, la principale cause des tensions et des crises post-électorales dans notre pays.

Malheureusement, sous Mr Biya, pour demander que plus de sang des camerounais au nord-ouest et au sud-ouest soient versés et pour réclamer pacifiquement que les droits fondamentaux des camerounais pour se doter des dirigeants politiques légitimes soient respectés deviennent désormais des crimes parmi les plus grands graves de notre système juridique, car de telles réclamations peuvent mener à des poursuites judiciaires exposées à la peine capitale devant les tribunaux militaires.

Ainsi, malgré le caractère exemplaire des marches pacifiques du 22 septembre 2020, les forces répressives du régime autocratique de Yaoundé ont recouru à la force contre les manifestants pacifiques, et ont depuis procédé à une purification politique caractérisée par des enlèvements, des détentions arbitraires et même la condamnation aux peines de prison des fonctionnaires de la CRM et d’autres militants, même des partis et organisations politiques alliés. Si ce n’était pas pour la nature dramatique des choses, on aurait noté l’ironie du fait que le ′′ mendiant de la paix ′′ associé à un ′′ purveillant de la démocratie « , a ramené le Cameroun aux pages les plus sombres de la répression politique de l’histoire de notre pays. La manifestation de la barbarie qui a entouré ces marches pacifiques du 22 septembre, combinée à la séquestration, avec de grands renforts de policiers et gendarmes lourdement armés, du chef de la CRM et de son ménage pendant près de trois mois, avait donc pour seul but d’autoriser Au régime pour tenir ces élections imposantes et pour déclarer la victoire sur les forces dites ′′ insurrectionnaires ′′ ! Pitoyable spectacle et mauvaise satisfaction ! L ‘ image du Cameroun est encore frottée.

Les Camerounais doivent être conscients qu’avec les violences d’État liées aux marches pacifiques du 22 septembre, le régime dictatorial de Yaoundé vient de passer à un nouveau niveau qui ouvre la voie au totalitarisme : à partir de maintenant, les Camerounais peuvent être arbitrairement arrêtés, cruellement torturés, jeté en prison sans hésitation, selon ′′ la menace qu’ils représentent pour la société « , comme indiqué dans le communiqué du gouvernement daté du 8 décembre. C ‘ est une honte !

L ‘ arbitraire et l’illégalité fondée sur des forces répressives aveugles par la haine et la justice subordonnée et sauvage triomphera pendant un certain temps mais ne sera pas victorieux.

Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de

Tous les prisonniers politiques honnêtes citoyens camerounais arrêtés avant, pendant et après les marches pacifiques du 22 septembre 2020 et détenus arbitrairement et illégalement depuis lors dans diverses prisons et autres lieux de détention inconnus dans le pays ; y compris le professeur Alain FOGUE TEDOM , Trésorier national CRM, Monsieur Olivier BIBOU NISSACK, conseiller et porte-parole du CRM National, Monsieur Pascal ZAMBOUE, coordonnateur CRM en charge du Développement et de l’Inspection.

La misère des camerounais dans toutes les régions, la non satisfaction de leurs besoins sociaux fondamentaux d’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux soins de santé de base, le déclin économique de notre pays marqué notamment par le démêlage du tissu industriel n’autorisent aucun répit dans notre lutte politique. Jusqu’à ce que nous atteignions notre destination, la Résistance Nationale continuera et s’intensifiera ; car rien n’a jamais arrêté et empêchera un peuple debout, défilant pour sa libération. La route peut sembler longue, mais la victoire est certaine. Nous devons rester mobilisés plus que jamais.

Fait à Yaoundé, le 9 décembre 2020

Le président national

Maurice Kamto

Source: https://www.facebook.com

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