UN CERTAIN MBOUA MASSOK’ OU LE DERNIER RÉVOLUTIONNAIRE DE NOTRE PAYS

PRÉSENTÉ A ALBERT DZONGANG

Concierge de la république

UN CERTAIN MBOUA MASSOK' OU LE DERNIER RÉVOLUTIONNAIRE DE NOTRE PAYS PRÉSENTÉ A ALBERT DZONGANG
UN CERTAIN MBOUA MASSOK’ OU LE DERNIER RÉVOLUTIONNAIRE DE NOTRE PAYS PRÉSENTÉ A ALBERT DZONGANG

Le mot « révolution » a été galvaudé durant ces derniers jours, mois, chez nos compatriotes, tant du pays que de la diaspora. Tel conseiller de Maurice Kamto, Franklin Nyamsi, qui célébrait l’assassinat de Sankara, se dit révolutionnaire aujourd’hui. C’est que ceux qui prononcent le plus le mot « révolution » sont ceux qui n’en veulent pas. Je note que Maurice Kamto n’a jamais prononcé le mot « révolution » non plus, et pour cause : il n’en veut pas. L’histoire du monde nous enseigne cependant ceci : qui ne respecte pas l’expérience de ses aînés n’a aucun avenir, et encore moins celui qui n’apprend rien de leurs batailles. Il n’y a en effet rien de plus autodestructeur que l’ignorance. Elle ne produit pas seulement la bêtise, mais l’effronterie pure et simple — elle nourrit le crime. C’est telle effronterie qui fait Albert Dzongang écrire ces mots-ci : « Un certain Boa Massog qui collabore lui aussi à cette chose ne s’est-il pas récemment attaqué à Maurice Kamto comme le font tous ces « transitionnaires » au service de la dictature régnante ?. » Le monde qui tourne autour de Maurice Kamto, ne peut que cultiver les ténèbres, et voilà bien une phrase qui en est le testament – et véritablement le mot testament politique est de mise ici. Car personne dans notre pays ne peut discuter l’apport de Mboua Massok, dans la définition même de la théorie et de la pratique de la révolution dans notre pays, et ce, à l’époque ou — je m’en souviens comme hier —, nul autre que Albert Dzongang passait à la télévision, à la CRTV, narguer les combattants, c’est-a-dire les activistes du changement. Nous. Je parle ici des années 1990, dont la stratégie générale se résumait en « villes mortes », le véritable plan B de l’opposition qui avait alors refusé d’aller aux élections truquées par Biya. Et c’est ce plan B, les villes mortes donc, c’est ce plan B je disais, qui a permis à l’opposition d’obtenir ce que nous savons : le multipartisme est le premier fleuron de cette bataille, multipartisme qui a permis aujourd’hui au MRC d’exister. Et à Dzongang de se joindre à ce parti parmi les deux cents que compte le Cameroun aujourd’hui.

Il y’a tellement à dire, en réalité, à enseigner à ces gens qui eux, ont fait un boycott eux aussi, mais sans plan B, et comptent obtenir des résultats. À ces gens qui parlent de « plan national de résistance », sans savoir qui, dans notre pays, en a écrit la théorie politique déjà en 1990. Et je suis allé en 2016 à Douala, chez Mboua Massok, me la faire enseigner, pour penser Generation Change dans la pratique – il l’a fait avec cette générosité qui est celle des combattants, de vrais révolutionnaires, il a sorti de ses tiroirs ce pamphlet d’enseignement qu’il m’a fait lire. Et je dis encore : la théorie politique de la résistance fondée dans le changement par la paix. Le voilà qui la tient entre ses mains, le voilà qui la montre à tout le monde, texte dont j’ai fait des clichés publiés sur cette page en 2016. Mais ce qui est aussi urgent de souligner, c’est que dans ce texte réside les actes de dissidence de février 2008 — et chacun se rappelle sans doute que c’est bel et bien Mboua Massok qui, avec un courage qui me fait encore grelotter aujourd’hui, a marché sur les gendarmes, provoquant leur ire, et lançant ainsi les émeutes de 2008 — au moment évidemment ou Maurice Kamto était, ministre délégué à la justice, ministre du tyran comme Dzongang était militant et député nommé du RDPC du tyran, chez Amadou Ali Kamto était en février 2008, je disais, en train de deviser sur comment écraser ces jeunes qui voulaient le changement. Qui était prêt à mettre leur vie en jeu pour le changement — pour obtenir donc, une vie meilleure au Cameroun même.

Manquer autant de respect aux monuments vivants de notre dissidence et se dire dissident ! Manquer autant de respect aux révolutionnaires de notre pays et se dire révolutionnaire ! Chaque pays a ses héros, et ma devise a toujours été que nous ne devons pas attendre la mort de nos héros pour leur donner le respect qu’ils méritent. Qui connait John Lewis au Cameroun, et pourtant l’Amérique entière s’est inclinée devant lui, déjà souffrante et encore plus devant lui, mort. Dzongang est dans la scène publique, politique camerounaise, en tant que membre du parti au pouvoir, du RDPC, depuis sa naissance quasiment, depuis les années de braise du moins, et qui plus est, il habite Douala évidemment avec Mboua Massok. Qu’est-ce qui fait donc qu’il puisse manquer autant de respect à celui qui nous a littéralement donné notre présent ? Pourquoi en sommes-nous arrivés-là ? Et surtout comment ? Nous en sommes arrivés-là parce que nous avons un personnage qui croit tout savoir, et se dit être aimé par tout le monde — Maurice Kamto. Ce qui n’est pas le cas. Et d’ailleurs, d’où lui vient telle hérésie ? Nous en sommes arrivés là, parce que la culture politique de Kamto, prototype de Biya, est fondée dans l’arrogance et dans le mépris, dans le mépris de l’autre, dans le mépris de l’expérience des autres, dans le mépris des batailles des autres. Nous avons ici, une culture perverse, nocive, criminelle devant notre propre histoire, et qui veut la réécrire dans le mythe de la suffisance – or il n’y a pas de suffisance dans la révolution. Encore moins dans celle qui veut utiliser la paix comme instrument. Car comme la guerre, la paix est une manufacture qui demande tactique et stratégie, qui demande la constitution d’une relation de force, qui demande, en fin de compte un plan B. Voila la leçon de Mboua Massok à des gens dont l’ignorance fonde plus que l’effronterie, re-institue le crime dont nous voulions nous libérer.

Concierge de la république

Source: https://www.facebook.com

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